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Mieux aiguiller les élèves étrangers


Pierre Reding et Claude Meisch ont élaboré ce projet de loi qui vise à faciliter l’orientation et le suivi des élèves étrangers.  (Photo : hervé montaigu)

Un nouveau dispositif sera lancé lors de la rentrée 2024 pour aider des enfants nouvellement arrivés au Luxembourg à mieux s’orienter et s’intégrer.

Une meilleure intégration à l’école et dans notre société» et «davantage de justice sociale», voici les objectifs affichés par Claude Meisch, le ministre de l’Éducation nationale, lors de la présentation, hier, du nouveau dispositif d’accueil pour les enfants et jeunes nouvellement arrivés au Luxembourg. Au cours de l’année scolaire 2021-2022, ils étaient quelque 4 000 à s’inscrire pour la première fois dans le système éducatif luxembourgeois. 

Ce projet de loi sera bientôt soumis au vote de la Chambre des députés. Il devrait permettre, au moment de la rentrée 2023-2024, le lancement du Service de l’intégration et de l’accueil scolaires (SIA). Composé de 35 personnes, celui-ci offrira une prise en charge complète des élèves étrangers avec, en ligne de mire, leur parfaite intégration dans le système scolaire public de notre pays.

Un guichet unique assurera, auprès des familles nouvellement arrivées, des réponses quant à l’offre scolaire luxembourgeoise, à l’éducation non formelle, aux mesures d’aide, d’assistance, d’aménagement et d’accompagnement dont peut bénéficier l’enfant. Ce lieu est déjà en place au sein de la Maison de l’orientation et «a pu démontrer son efficacité dans l’accompagnement des réfugiés ukrainiens», appuie le ministère.

Élaborer un projet

Aujourd’hui, de nombreux élèves fraîchement arrivés sont introduits dans des classes d’accueil sans avoir de projets concrets. Le but du SIA est de comprendre et d’analyser les enfants, via des tests et des entretiens, pour, ensuite, trouver une classe d’accueil qui correspond à leurs projets personnels. Au sein de l’école fondamentale ou du lycée, ils pourront, grâce à ce projet d’accueil, être encadrés pour atteindre efficacement leurs objectifs.

«En ce qui concerne la langue de communication, lors de l’accueil des parents et de l’enfant, nous disposons de médiateurs interculturels qui parlent et maîtrisent un éventail de 44 langues. Si une personne arrive avec une langue supplémentaire, nous avons le budget pour embaucher un freelance», explique Pierre Reding, chef de la direction générale de l’intégration. «Nous avons l’obligation d’organiser la médiation interculturelle et cela ne se limite pas seulement à langue mais également aux différences culturelles, à la scolarisation précédente…» Selon lui, outre les réfugiés venant d’Ukraine ou de Syrie, il existe une forte immigration lusophone, notamment depuis le Portugal. Il énonce aussi nos voisins comme la France, la Belgique ou l’Allemagne.

Nous aurions dû proposer ce dispositif il y a une cinquantaine d’années

Le projet de l’élève ainsi que ses expériences passées seront inscrits dans un dossier élaboré par les différents collaborateurs du SIA. Ce document individuel pourra notamment préparer ses futurs enseignants et camarades de classe à son arrivée. Il l’accompagnera durant les deux ans que durera son suivi. Pendant ces deux années, les résultats, les progrès scolaires et le comportement en classe de l’élève seront évalués en fonction de son projet. Ce dernier sera adapté si besoin pour garantir l’évolution et le soutien de l’enfant.

«Nous aurions dû proposer ce dispositif d’accueil il y a une cinquantaine d’années», souffle Claude Meisch. «Il est désormais temps de permettre aux familles concernées de trouver l’offre la plus adaptée à leur enfant et de les accompagner dans cette démarche.» Toutefois, le SIA reste une option pour les familles nouvellement arrivées. Elles ne seront pas obligées de passer par celui-ci pour scolariser leurs enfants. Dans le cas de l’arrivée d’un mineur non accompagné, «c’est au foyer de faire le relais avec l’enfant», assure Pierre Reding. Les communes ou des écoles pourront à n’importe quel moment faire la relation avec le Service de l’intégration et de l’accueil scolaires via un réseau de coordinateurs ou des cellules d’orientation.

Les étapes du dispositif

1. Demande de rendez-vous par la famille
2. Prise en charge de la famille par le SIA (avec un médiateur interculturel si besoin)
Informations sur le système scolaire luxembourgeois
Recueil d’informations sur la scolarité antérieure de l’élève
Constitution d’un dossier pour l’élève
3. Tests, observations et entretiens avec l’élève
4. Proposition d’orientation vers une classe appropriée
5. Inscription à l’école
Transmission du dossier du SIA
6. Établissement d’un projet d’accueil et organisation de la scolarité de l’élève nouvellement arrivé
7. Suivi de l’élève pendant deux ans

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