Simone Beissel, députée libérale, est la rapporteuse du chapitre consacré aux droits et libertés. Pour cette férue de droit constitutionnel, les récentes critiques de la Commission consultative des droits de l’homme ne sont pas fondées.
Vous avez passé des années à peaufiner cette révision constitutionnelle, et plus particulièrement le chapitre droits et libertés dont vous êtes la rapporteuse. Que vous inspirent les manifestations régulières organisées pour défendre des libertés bafouées, selon les participants ?
Simone Beissel : Naturellement, cela ne me fait pas plaisir, mais comme je suis très large d’esprit, je me dis simplement que tous ces gens qui appellent à la liberté, au référendum, et qui dénoncent une dictature, n’ont jamais ouvert la Constitution et ne savent pas ce qui s’y trouve. Ils se laissent influencer par des personnages publics qui leur répètent ce qu’ils veulent entendre. C’est d’actualité.
Ce qui est inquiétant, c’est de voir le cheminement de tout ce mouvement qui part des antivaccins pour aboutir aux antisystèmes. J’ai l’impression qu’il y a une révolte générale qui pourrait tout aussi bien être déclenchée pour un rond-point mal placé. C’est un peu notre rôle d’être attaqué, mais ces manifestations ne m’empêchent pas de dormir.
Finalement, l’ancienne Constitution a été remise au goût du jour. Avez-vous beaucoup innové dans votre chapitre sur les droits et libertés ?
Disons que nous avions fait un texte agréé par les quatre grands partis représentés à la Chambre et tout a capoté après les élections. Le CSV proposait alors de conserver la vieille Constitution de 1868 et d’y insérer des éléments nouveaux tirés de l’ancien ...
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