Un documentaire qui sera diffusé lundi par France 3 met en lumière le calvaire des parents non allemands qui se battent pour garder un lien avec leur enfant que l’État veut garder sur son territoire.
« Des milliers de personnes sont concernées », «Des pratiques inimaginables», «L’Allemagne se réserve le droit de garder les enfants sur son sol, un aveuglement qui crée des drames». Les extraits tous azimuts de médias français claquent au début du documentaire Déchirures de familles qui sera diffusé lundi sur France 3 Grand Est. Ils évoquent tous un même sujet : la préférence allant systématiquement au parent allemand pour la garde de l’enfant en cas de séparation d’un couple binational. Vendredi soir, le film a été diffusé en avant-première à Strasbourg au cinéma l’Odyssée et suivi d’un débat avec les protagonistes.
Le problème est grave. Pourtant, s’il est bien connu et depuis longtemps des eurodéputés, avocats spécialistes du droit familial et autres spécialistes de l’Allemagne, le grand public l’ignore souvent. À la frontière qui sépare l’Allemagne de la France ou du Luxembourg, les couples se forment naturellement dans l’Europe de Schengen. Ils font des enfants, sans savoir le risque qui plane en cas de séparation avec un Allemand. Le jour où ils l’apprennent, souvent de façon violente, c’est trop tard, ils sont pris dans une machinerie étatique. C’est ce qui s’est passé pour Séverine, Christophe et Joseph.
La première vivait en Allemagne avec son fils français (NDLR : nous l’avions déjà interviewée dans un article paru le 21 décembre 2018). Quand elle s’est séparée de son ex-conjoint dont elle dit avoir subi des violences, elle est retournée chez ses parents avec son fils dont elle avait alors l’autorité parentale. Ce dernier a été inscrit à l’école maternelle du village et continuait de voir son père. Le tribunal a convoqué cette mère avec son enfant, et le petit lui a été retiré sur-le-champ. Il est parti sans affaires, en short et t-shirt, chez son père. Un procédé normalement illégal. Après plusieurs mois, cette mère a obtenu une garde partagée, à condition de vivre sous le même toit que l’homme dont elle dit avoir été victime de violences et sa nouvelle compagne.
Interdiction de parler à la presse
Dans le débat qui a suivi le film, elle explique le harcèlement qu’elle doit subir en silence de peur qu’on lui retire son fils ou encore le chantage exercé sur elle. Obligée de consulter une pédagogue désignée par le tribunal, celle-ci lui a demandé de signer un papier dans lequel elle s’engage à retirer tous les écrits sur internet où elle parle du système familial allemand, y compris la pétition déposée au Parlement européen dans laquelle elle dénonce les pratiques de l’État allemand et du Jugendamt, l’administration chargée de la protection de la jeunesse.
Joseph, lui, n’a plus le droit de voir son enfant depuis des mois. La chambre de sa petite fille, dans laquelle elle a vécu avant la séparation, reste désespérément vide.
Christophe était sur le point d’obtenir la garde partagée de son fils en Moselle, là où la famille a toujours vécu. Il ne se remet pas de la suite des évènements. La mère s’est enfuie avec son enfant en Allemagne où elle a obtenu la garde. Il ne voit son fils plus qu’un week-end sur deux et doit tout accepter pour ne pas prendre le risque, comme Joseph, de ne plus voir son enfant. Ainsi, après une audience, il a accepté à contrecœur qu’on donne un médicament à son enfant contre l’hyperactivité, alors que celui-ci est décrit comme particulièrement calme par les gens qui le côtoient.
Dans la salle de cinéma comble, on entend les bruits de mouchoirs, et pour cause, des parents de toute la France qui sont dans cette situation sont venus assister au film dans lequel ils placent beaucoup d’espoir.
«Quand ils ont pris votre enfant, ils essayent de prendre votre argent», explique Séverine Breit, qui dit actuellement se battre pour garder sa maison, dont elle est propriétaire à 50%. Son ex-compagnon va la mettre aux enchères sans son consentement. Une nouvelle procédure coûteuse débute, mais elle est obligée de se battre, puisque quitter cette maison, c’est peut-être perdre la garde partagée. Un danger qui la ronge.
Les parents qui n’ont plus le droit de voir leur enfant sont dans l’obligation de payer une pension alimentaire et se ruinent littéralement en frais d’avocat et de justice. Ils sont exténués par des années de procédures et de souffrance.
Mandat d’arrêt contre une mère
Paule-Andrée prend la parole, la voix étranglée par les larmes : «Je voulais dire qu’ils vont beaucoup plus loin que ce qu’on voit dans le documentaire. Ils utilisent le mandat d’arrêt européen pour le simple divorce.» Cette maman en a été victime lorsque ses filles (dont le père a la garde en Allemagne) ont fait une fugue pour rejoindre leur mère. Heureusement, dans son cas, les autorité françaises ont pu le faire annuler. D’autres ont eu moins de chance et ont passé des mois en prison dans leur propre pays.
Natalie Kühlmorgen s’exprime à son tour : «Moi, je suis allemande et je peux vous dire que je n’irai plus jamais dans mon pays.» Son histoire ressemble à un film d’horreur. Mariée à un médecin français qui travaille à Strasbourg, le couple était installé à Kehl, juste de l’autre côté de la frontière. Il y a une dizaine d’années, la famille prévoyait de déménager en France. Un jour, alors qu’elle va chercher ses filles à l’école, elle ne les trouve pas. Ces dernières avaient été placées brutalement, sans qu’un jugement soit prononcé, dans une famille d’accueil pour qu’elles restent sur le sol allemand. Pendant six mois, le couple n’avait le droit qu’à quelques heures de visite, jusqu’au jour où lors d’une de ces visites les parents volent leurs propres enfants avec la complicité de la police française.
«Voilà jusqu’où l’État allemand peut aller […]. Je peux vous assurer que ce sont des blessures qui ne se referment jamais.» La fille la plus âgée est adulte aujourd’hui et est encore traumatisée par l’épisode, d’autant qu’elle aurait subi des attouchements par l’homme de la famille d’accueil. Un documentaire avait été réalisé sur cette histoire surréaliste et tous les faits sont avérés. Pourtant, la mère reprend : «Quand on raconte notre histoire, personne ne nous croit. On nous fait passer pour des fous.»
Audrey Libiez
Bonjour,
Merci pour votre article.
Je suis moi-même parent français d’une fille née en France qui vie maintenant en Allemagne avec sa maman.
Un jugement familiale respectable avait initialement été établi dans un tribunal Français, qui imposait entre-autres l’inscription de notre enfant dans l’école franco-allemande de la ville ou elle habite.
Mais suite à des désaccords avec la mère, je me suis retrouvé face à la justice Allemande.
Même discourt, même mascarade, même blabla sur le bien-etre de l’enfant…
Le judendamt a convoqué la mère, l’enfant, et même la grand-mère allemande de l’enfant, et indiquera sur son rapport, sans avoir fait le moindre effort pour me contacter » Malheureusement, nous n’avons pas pu communiquer avec le père pour des raisons linguistiques »…Pour des raisons socio-pédagogiques, il faut donner raison à la mère.
Audience humiliante que je n’aurais jamais imaginé possible dans un pays démocratique.
j’ai été traité avec mépris, avec condescendance, pour finalement etre injustement dépossédé de la majorité de mes droits de père.
Lorsque j’ai dénoncé l’incohérence des décisions, le juge me dira froidement :
Vous ne communiquerez plus avec votre enfant en dehors des 3 visites annuelles qui vous seront imposées, et vous obéirez !
Et pour couronner le tout, ce juge indiquera dans le jugement qu’il n’est pas nécessaire d’inscrire l’enfant dans une école franco-Allemande…
Je ne trouve pas trace du documentaire que vous indiquez dans votre article à propos de l’histoire de madame Natalie Kühlmorgen. Si vous avez des infos, merci.
Alain C
08/2022
Et ils comptent les parquer ou? Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau…
Très surprenant cet article accablant pour le système allemand… je ne dis pas que ça n’existe pas, bien au contraire, mais le Luxembourg se défend bien également en utilisant les mandats d’arrêt européens contre des mères ayant fui des violences…
Le prix à payer, même si l’enfant n’est pas luxembourgeois, est la rupture du lien avec le parent vivant à l’étranger au profit du parent résident au Luxembourg, peu importe l’intérêt de l’enfant, même si le parent résident à déjà été reconnu dangereux !
Alors, je ne dirai qu’une chose, balayons devant sa porte avant de donner des leçons d’humanité aux autres pays…
Et bon courage à tous les parents dans cette situation, que ce soit en Allemagne ou au Luxembourg.
Il est dommage que toutes ces imprécisions persistent dans la presse française. Le problème n’est pas FRANCO-ALLEMAND. Il est ALLEMAND et par là même EUROPEEN, puisque les décisions politiques du JUGENDAMT, organisme local intouchable (une rémanence du pouvoir nazi) SONT DIRECTEMENT APPLICABLES dans toute la zone EU (sauf le DK) sans qu’un non-allemand ne puisse se défendre de manière EFFECTIVE.
Ce grave problème touche l’ensemble des parents NON-ALLEMANDS. 99% de cas se déroulent en Allemagne, à l’intérieur du pays, sous complète couverture de l’administration allemande. Ce parents et ces enfnats sont livrés, sans pouvoir se défendre. On ne parle même pas d’eux.
Seul 1% sont des cas ont un caractère « transfrontalier ».
La finalité du JUGENDAMT (You-Gaine-Tamte) dont les fonctions sont celles de juge politique, parent d’Etat et 3ème partie plénipotentiare partie intégrante au débat judiciaire, (le tribunal familial ne fait que construire au travers des procédures une situation qui vient étayer la décision politique du premier) est de maintenir tout enfant de tout non-allemand dans sa juridiction, pour s’accaparer la force de travail, la formation, la fortune, les pensions, l’héritage et la descendance des parents non-allemands.
IL EN VA DE CENTAINES DE MILLIARDS D’EUROS sur le long terme et de rien d’autre. Le JUGENDAMT et ses « freie Träger » EST LE PREMIER SECTEUR ECONOMIQUE EN ALLEMAGNE.
Au cours des 20 dernières années; il a retenu 1,2 millions d’enfants en Allemagne qu’il a germanisé METHODIQUEMENT avec l’accord de la COMMISSION EUROPEENNE.
J’ai déposé la première pétition en décembre 2006, contre ce que je n’appelais pas encore un « crime de masse de légalité allemande », celle qui a mené à la résolution du Parlement Européen de novembre 2018. Une résulution qui a été entièrement torpillée par les Allemands.
Pour avoir révélé ce crime de masse de légalité allemande et tenté d’expliquer les mécanismes cachés de cette organisation structurée dans sa forme et sa mission actuelle par ordonnance du 1er février 1939, l’Italie et la France honteusement ignares m’ont fait un procès politique à la solde des Allemands pour me décrédibiliser et me faire taire.
Elles m’ont enfermé 4 ans en prison, entre 2012 et 2016;
Pour que la résolution ne puisse voir le jour.
Olivier Karrer
Mai 2019